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On peut coucher à la Suisse, cest à dire
dun coup, ou bien à la française, en posant
dabord la bonne rive, et le reste comme on ferme une
porte. La feuille sattache au feutre «à
cause de son velu, et abandonne la forme qui est un corps
plus lisse».
La main droite de louvrier empoigne le montant de droite,
surnommé les mains, la main gauche saisit évidemment
les pieds du châssis. La mauvaise rive est contre lestomac,
et en face, cest la bonne rive. Là , le papier
sera plus fort. Le coin de la forme entre la bonne rive et
les mains sappelle le bon carron. Il a son importance.
Louvrier se plante devant la cuve, où la pâte
a été noyée et brassée dans une
eau chauffée au pistolet, un cylindre de métal
dans le flanc du bassin; on y enfourne des braises. «Il
me semble que cest afin que leau ait plus de disposition
à sévaporer» (de Lalande). Il plonge
la forme par la mauvaise rive et la met aussitôt en
position horizontale pour tamiser la pâte, « il
la promène » de droite à gauche, de gauche
à droite, en avant, en arrière, sans quoi «elle
retomberait dans la cuve au travers des vergures».
Et très vite, il « donne la façon »,
sinon ça risque de châtaignier ou, si la main
est peu sûre, de former des andouilles.
La forme, qui dégouline de toutes parts comme «neige
fondante», est posée sur le coté et la
couverte retirée coiffe immédiatement une seconde
forme afin de recommencer lopération, tandis
que le coucheur saisit la première de la main gauche
et lincline vers le bon carron, où la pâte
se renforce un peu, avant de retourner lensemble pour
déposer la feuille de papier sur un tapis de feutre
de laine. Car il faut intercaler un feutre, ou flautre, entre
toutes les feuilles pour les empêcher de sentrecoller.
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