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Si lon rêvait dune gestion raisonnée
de lavenir, il faudrait sans doute quexiste une
volonté dinformer davantage les utilisateurs
de papier et de carton sur les conséquences de leur
consommation, quils prennent sciemment la décision
de leurs achats et celle de contribuer, ou non, à une
récupération accrue.
On attendrait également des États et des collectivités
quils montent en ligne les premiers, par exemple en
imposant des feuilles de fibres recyclées et peu blanchies
à toute administration, comme cela est est entré
dans les murs de lAllemagne depuis des lustres.
Après tout, shabituer à un papier ordinaire
pour les actes quotidiens et les documents, si nombreux, à
ne pas conserver, ne put que mettre encore en valeur les support
de qualité. Et est-ce même vraiment un papier
ordinaire que celui qui saffirme à lil
par une nuance un peu grise ou un peu bistre, avec de limperfection,
bref autre chose que du blanc aveuglant qui est une sorte
dabstraction, le contraire du vrai papier?
Un regard nouveau se porte aujourdhui sur cette matière
ancienne et éphémère. Comme si on avait
eu peur de le perdre, un amour naissant semble dans le monde
vouloir en caresser les contours et les surfaces, humer le
subtil parfum de réalité.
Partie de Californie - doù sinon? -, une vague
damateurs de papier sétend, qui font pousser
le mûrier, construisent leurs formes et plongent les
mains dans la pâte pour créer leurs propres feuilles,
un peu comme Marguerite Yourcenar faisait son pain. Cest
un nouveau plaisir, et un signe des temps. |